mardi 4 juin 2019

LA VOLONTÉ MEURTRIÈRE D'EMMANUEL MACRON : IL SE POURVOIT EN CASSATION - PRIÈRE POUR VINCENT ET POUR FAIRE RECULER LA KABBALE - QUELQUES SYMBOLES KABBALISTES CHEZ EMMANUEL MACRON

Emmanuel Macron nous révèle de plus en plus son côté sombre, c'est-à-dire sa vraie personnalité car on ne peut être en même temps bon et méchant. (1)



Emmanuel Macron s'est pourvu en cassation, via les deux ministères concernés par l'affaire Vincent Lambert (ministère de la santé et ministère de ?), pour faire annuler le jugement rendu par la Cour d'Appel de Paris, qualifiant sa conduite vis-à-vis de Vincent Lambert de voie de fait, parce qu'il avait méprisé le droit international (voir cet article). 

A vue humaine, je pense que Vincent est mal parti car la Cour de Cassation est très maçonnique. Cependant, Dieu peut très bien faire un miracle, s'il le veut. Tout lui est possible. Nous devons lui demander ce miracle. Rien n'est impossible à Dieu. Nous devons prier le Dieu qui est contre l'euthanasie, le Dieu chrétien non gnostique, le Dieu de la Bible, pour Vincent et contre l'euthanasie. Il faut lui demander que le mal voulu par la kabbale n'arrive pas à passer. Il ne faut pas prier Isis et Horus, que l'Eglise catholique appelle "Dieu", en langue des oiseaux, car ces démons sont partisans de l'euthanasie et de l'avortement et sont favorables à tout ce qui peut tuer le plus possible les hommes, parce que Satan est "homicide dès le commencement", nous dit Jésus. 

Je suggère une prière s'inspirant de la prière de Judith. Judith a prié dans un cas apparemment désespéré, sa prière a été exaucée. Judith est une femme très sainte et la lecture de son livre est riche d'enseignements. 


Prière s'inspirant de Judith 


Seigneur Dieu, Dieu de notre père Noé, Dieu des Apôtres, Dieu de Saint Jean, vous avez à maintes reprises montré votre puissance contre l'injustice en faisant des miracles. Vous avez souvent puni  des Chefs d'État puissants, des généraux, qui s'opposaient à votre loi. 

Parfois vous êtes intervenu en faisant un miracle : vous avez fait des choses extraordinaires pour Daniel. Parfois, vous êtes intervenu en suscitant des circonstances providentielles et en donnant beaucoup de force à vos serviteurs, par exemple lorsque vous avez aidé Judith ou les frères Maccabées. Parfois encore, vous avez laissé faire l'injustice, vous réservant de punir plus tard les méchants. 

Je ne sais pas avec certitude si vous voulez ou non faire un miracle pour sauver Vincent Lambert et si vous voulez empêcher l'euthanasie et la PMA en France, mais vous le pouvez facilement, si vous le voulez. Vous pouvez même facilement obliger le gouvernement à revenir sur l'adoption des enfants par les homosexuels et sur l'avortement. Vous êtes infiniment puissant, je crois en votre puissance, Dieu infiniment miséricordieux, infiniment fort, infiniment bon.

Je vous supplie d'écouter ma prière. Je ne suis qu'une pauvre pécheresse/un pauvre pécheur et un(e) bon(ne) à rien, mais vous pouvez tout. Je vous supplie, si telle est votre volonté, de faire éclater votre puissance et votre bonté et d'empêcher que le mal s'accomplisse, et le mal qui existe déjà, je vous supplie de le faire reculer.

Jésus, je viens vous supplier, je me jette à vos genoux, je vous demande que vous me fassiez faire tout ce que vous voulez ou que vous permettiez que je subisse tout ce que vous voulez, si cela est nécessaire pour que vous m'exauciez et que la France soit enfin délivrée du satanisme qui l'oppresse, délivrée de cette kabbale qui martyrise ses enfants. 

Délivrez-nous de la kabbale, Jésus, je vous en supplie. Délivrez-nous des jugements iniques, délivrez-nous de la cruauté, de l'hypocrisie de la gnose maçonnique. Voyez leur arrogance et leur haine, et réprimez-les. Convertissez ceux d'entre eux qui sont convertissables et protégez-nous de ceux qui sont irrécupérables, parce que trop méchants. Écrasez la kabbale, écrasez Isis, écrasez Horus-Satan, dévoilez sa cruauté et ses plans de perdition aux gnostiques de bonne volonté. 

La kabbale satanique possède le pouvoir, l'armée, la police, les juges, les gouvernements, la papauté, les médias. Mais votre force n'est pas avec la multitude, ni votre puissance avec les grands. Vous êtes le Dieu des humbles, l'auxiliaire des petits, le défenseur des faibles, le refuge des méconnus, le défenseur des désespérés. 

Dieu créateur, maître du monde, je crois que si vous le voulez, vous pouvez exaucer ma prière. Je crois que si nous sommes suffisamment nombreux à prier, vous le ferez, de même que vous n'auriez pas détruit Sodome s'il y avait eu 10 justes dans la ville. Vous exigiez peu de monde, pour sauver la ville. Le mal n'est vainqueur que parce que trop peu de personnes vous prient. 

Je vous supplie d'inspirer ceux qui vous aiment afin qu'ils vous prient, pour que vous puissiez amorcer une reconquête du monde, parce que suffisamment de personnes vous le demanderont. Je vous supplie de convertir toutes les âmes de bonne volonté, afin qu'elles intercèdent auprès de vous et que le mal cède la place à votre justice.

Répandez  l'intelligence parmi les Français et les peuples du monde entier. Qu'ils sachent que vous êtes le Dieu des nations et des armées et qu'il n'y a pas pour la France et pour le monde d'autre protecteur que Jésus. 

Jésus, sauvez Vincent de l'euthanasie, guérissez-le, convertissez-le à la religion chrétienne non gnostique, je vous en supplie. Sauvez les enfants de l'adoption par les lesbiennes et les homosexuels. Sauvez les bébés de l'avortement et ceux que vous aurez sauvés, conduisez-les tous aux ciel. Ne permettez pas que leur corps soit sauvé pour leur damnation éternelle. Faites-en des personnes qui vous aiment. 


Amen
Note - Symboles kabbalistes chez Emmanuel Macron :

(1) Cette photographie en tête de l'article représente un symbole gnostique connu qu'utilisent les kabbalistes, francs-maçons, catholiques ou d'autres courants pour signifier leur adhésion à la kabbale : la moitié gauche du visage est dans l'ombre, signifiant ainsi l'appartenance à la gnose. Cette ombre sur la moitié gauche du visage symbolise la voie de gauche de l'arbre de vie kabbaliste, correspondant à la sphère Binah-Isis. 

Isis-Satan est symbolisée par la nuit, ou la couleur noire du yin car la déesse égyptienne Nuit est une des nombreuses représentations d'Isis-Satan. La lumière du côté droit, en ce contexte, symbolise le vrai Dieu de la Bible, le Dieu chrétien non gnostique, symbolisé souvent par la lumière, (quoique la lumière soit un symbole ambivalent, en kabbale). La voie de droite de l'arbre de vie est la voie représentant le Dieu de la Bible. Les deux sphères qui le représentent sont Hochmah (Dieu le Père) et Chesed (ou Hesed), symbolisant Jésus-Hostie. 
La lune, la nuit et le yin noir symbolisent la voie de gauche (Binah-Geburah/Gevourah).
Le soleil, le jour et le yang blanc symbolisent la Trinité chrétienne non gnostique, la voie de droite (Hochmah et Chesed).




Il faut faire attention cependant que des personnes non gnostiques peuvent se faire photographier ainsi, sans mauvaise intention, soit par hasard, soit parfois parce que des gnostiques leur disent de se positionner selon telle ou telle orientation, par rapport au soleil. Une photo de ce genre n'est donc pas suffisante pour dire qu'une personne est gnostique. Par contre quand une photo est retravaillée en ce sens, c'est un signe plus probant. Dans la photographie ci-dessous, c'est le fond qui a été retravaillé en ce sens, tandis que la moitié de droite du visage, sensée être plus lumineuse, est elle-même légèrement dans l'ombre. Cette inversion de l'ombre sur le visage est à mon avis complémentaire par rapport au fond de la photographie et comporte probablement une signification symbolique, mais je ne la connais pas avec certitude.


Chez Emmanuel Macron, les symboles pullulent, par exemple sur sa photographie officielle présidentielle, où les objets sur son bureau symbolisent les sphères des voies de droite et de gauche de l'arbre de vie, lui-même étant la voie du milieu. 



1. La pendule en haut à droite = Chronos = sphère Hochmah de l'arbre de vie, symbole de Dieu le Père, nommé le Temps ou le Dieu du temps, en langue des oiseaux. 

2. Les nourritures terrestres de Gide, livre qui est sous la pendule et sous le rouge et le noir = représentation blasphématoire pédosexuelle symbolique de l'amour de Jésus, pour son Père, symbolisé par Ménalque. Jésus est symbolisé par le jeune Nathanaël à qui Ménalque écrit ses lettres.

Ménalque est par ailleurs pédosexuel, dans le livre, avec d'autres petits africains, symbolisant aussi Jésus. Ménalque signifie étymologiquement « celui qui est dans la lune ». Ce nom symbolise Dieu le Père qui est dit être en Isis-lune, lors des messes sacrilèges


Nathanael est un nom symbolisant Jésus, en langue des oiseaux. Ce nom signifie « Dieu a donné » ou « Don de Dieu ». Son équivalent francisé est « Dieudonné ». 

Ce prénom, ainsi que le mot "don" symbolise Jésus-hostie et peut servir à symboliser la sphère Hesed/Chesed de l’arbre de vie. Dieu le Père et son fils sont parfois représentés en littérature ou dans les films gnostiques blasphématoires comme deux amants, un vieux et un jeune, ayant une relation homosexuelle.

3. Le rouge et le noir, par dessus le livre des nourritures terrestres = la sphère Netzah, symbolisant Vénus-Lilith castratrice, par dessus Jésus. Nous avons déjà étudié dans l'article sur le Yin et le Yang que les symboles démoniaques se superposent volontiers à des symboles de Jésus, pour signifier la domination de Lilith-Satan sur Adam-Jésus, en allusion à la légende kabbaliste symbolique selon laquelle Lilith (Satan) aurait quitté Adam  (Dieu) après une dispute parce qu'elle voulait être au-dessus de lui lors de ses rapports sexuels, pour avoir la prééminence. 

Julien Sorel-Jésus (le noir), symbole de Jésus dans ce livre, finit la tête coupée (la castration de Jésus-Attis est est souvent symbolisée par la tête coupée) en raison de ses amours avec le rouge (Le rouge est une couleur ambivalente, le plus souvent christique, mais ici satanique. Le rouge est Isis, dans ce contexte. Il est symbolisé par le second amour de Julien, Mathilde de la Mole, symbole de Netzah-Vénus. Mathilde, Matilda, symbolise Isis, en langue des oiseaux. 


Mathilde-Cybèle-Isis contemplant la tête de son amant décapité, Julien Sorel-Jésus-Attis. 
L'étymologie blasphématoire de Sorel signifie "Dieu (El, en hébreu) mort, desséché". Wiktionnaire enseigne que cela vient de l'ancien français "sorel", issu de "saur-el". Saur signifie "desséché" et s'employait pour désigner un poisson séché et fumé, symbole blasphématoire de Jésus-Hostie, en langue des oiseaux.

4. Les deux téléphones portables en bas à gauche sur le bureau du Président symbolisent Hod, Jésus et son Père. Un téléphone symbolise Dieu peut-être parce qu'en hébreu, tel signifie "monceau de ruines", "colline", deux notions symbolisant Jésus en langue des oiseaux.







Les multiples vidéos où les gens s'amusent à casser des téléphones portables tout neufs en les lançant de gratte-ciel ou d'hélicoptères ou en les faisant tomber dans l'eau, symbolisent l'oeuvre au noir, Jésus-hostie qui est jeté dans le calice de sang isiaque. Voici un lien vers un article nommé : Jesus is our cell phone.


Un symbole isiaque se reflète dans les téléphones, sur la photo présidentielle. Jésus est comparé à un miroir, parfois maléfique ou omniscient, en langue des oiseaux kabbaliste.






5. Les mémoires de guerre du Général De Gaulle symbolisent Gevourah-Isis.Le mot "mémoire" symbolise Isis-Mnemosyne, déesse de la mémoire, en langue des oiseaux. Un livre ouvert est un symbole sexuel ambivalent de Jésus ou Isis (cf. cet article où je fais mention d'un pédophile qui feuillette symboliquement un livre, avant de s'apprêter à violer une fillette qui a une housse de couette à pois rouges. Les pois rouges ont été abordés dans l'article sur la vilaine Lulu d'Yves Saint Laurent qui aime aussi faire violer ou tuer des filles ayant des robes à pois rouges). Emmanuel Macron a voulu ouvrir le livre des Mémoires à une page particulière, mais la vidéo devant nous montrer à quelle page il voulait ouvrir le livre a été mal prise, ce qui fait que les gens sont restés sur leur faim. On voit seulement qu'il s'agissait d'un nouveau chapitre ou d'une nouvelle partie de l'oeuvre, à peu près aux deux tiers du livre. J'ai lu l'article d'un journaliste qui a noté que le vent a tourné la page du livre des Mémoires, juste avant la photographie, ce qui fait que la page n'était finalement pas celle choisie par le Président. Je suppose qu'il avait choisi un nouveau chapitre dont le titre symbolisait Isis, par exemple : "Le salut", titre du Tome III.

6. L'encrier double comprend deux fioles avec chacune un couvercle rond, surmonté d'une petite poignée. Il y a une figure centrale, représentant un couvercle en forme de cloche, surmonté lui-même d'un coq en or. Le Coq est un symbole ambivalent, en gnose. En théorie il symbolise Jésus mais parfois, il symbolise Horus. C'est le coq horusien qu'Emmanuel Macron a choisi pour symboliser Binah. Christophe Castaner parle de ces deux sortes de coqs, de façon voilée, dans une émission de télévision, Au tableau, datant du 20 février 2019, où il est dans une classe d'école. Les enfants lui ont demandé de choisir un animal pour symboliser Emmanuel Macron. Il attribue comme animal à Emmanuel Macron, le coq. Mais il précise qu'il ne s'agit pas du coq vu péjorativement et fait comprendre à mots couverts aux initiés qu'il n'attribue pas à Emmanuel Macron un symbole christique, mais horusien. La cloche centrale entre les deux encriers est un symbole isiaque (ex : la fée clochette, dans Peter Pan). Les deux encriers latéraux représentent le Père et le Fils non gnostiques, si j'ai bien compris. A confirmer. Voici quelques images d'encrier de symbolique équivalente à l'encrier d'Emmanuel Macron, choisi pour symboliser Binah-Isis.








Sur l'Immaculée Conception et Lourdes, symboles isiaques, voir ces articles (1,2). La statuette n'est pas Marie, mère historique de Jésus, mais Isis-Satan.


Emmanuel Macron raffole des symboles et en rajoute, par rapport à ses prédécesseurs, qui ne se donnaient pas tant de mal. 


Le pentagramme-microcosme-oeuvre au rouge, sous Isis-Marianne, à la base du cou est assez sinistre. Dans l'étoile, symbole horusien, il y a deux yeux sombres démoniaques, me semble-t-il. Je ne sais pas si ces yeux sont censés symboliser Jésus en Isis lors des messes ou bien Horus lui-même. Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.


Les symboles kabbalistes ne préjugent pas ou non de la bonté de la personne qui les utilise, car des gnostiques à l'esprit christique très gentils peu initiés à la méchanceté gnostique utilisent ces symboles également, mais ils affirment l'appartenance du chef d'État à la kabbale, ce qui est malheureusement une constante chez les chefs d'État français, depuis Clovis, Charlemagne et Louis IX compris !  

Il y a cependant chez Emmanuel Macron certains symboles plus inquiétants : le choix du livre pédophile écrit par le pédosexuel Gide, les nourritures terrestres, pour symboliser Chesed/Hesed, et les deux yeux sombres pas du tout sympathiques dans le pentagramme sous Isis-Marianne. 

Vivement le Règne millénaire  qui viendra après la mort de l'Antéchrist et l'Église de Laodicée, où nous aurons enfin des saints aux postes de commande.


Si vous avez lu l'article jusqu'au bout sans faire la prière pour Vincent, n'oubliez pas de la faire, s'il vous plaît. C'est le plus efficace et le plus important, pour lutter contre la kabbale. Sans prière au vrai Dieu non gnostique, nous perdrons toujours. Si vous sommes suffisamment nombreux à supplier, nous vaincrons. Je compte sur mes lecteurs qui accepteront de prier le Dieu de la Bible. Vos prières sont infiniment précieuses aux yeux de Dieu. Par la prière, nous pouvons tout. Dieu finit toujours par l'écouter, quand elle est faite dans l'esprit qu'il veut.


mardi 28 mai 2019

COMMUNIQUÉ DE L'ÉLYSÉE DU 8 SEPTEMBRE 2017 - APPRÉCIATION EMMANUEL MACRON SUR PIERRE BERGÉ LORS DU DÉCÈS DE CE DERNIER

Pierre Bergé avec sa décoration de la légion d'honneur.
Je demande au Président de lui retirer cette décoration dans mon
J'ai envoyé cet article sur le site de l'Élysée ce mois-ci.


Je cite sans commentaires les paroles du Président Emmanuel Macron sur Pierre Bergé, qui s'est dit son ami personnel ainsi que l'ami personnel de Brigitte Macron. Ce texte me servira dans le cadre de mon étude sur la PMA pour lesbiennes.


"Pierre Bergé fut cet homme occupé à faire naître partout où cela était possible la beauté et l’excellence. Ami des artistes, il était celui qui dans l’ombre leur apportait la confiance et la solidité dont ils ont tant besoin pour créer. Ce n’était pas pour lui un métier, mais une vocation, née dès sa prime jeunesse lorsqu’il rencontra Bernard Buffet ou encore Jean Giono. Il avait vingt ans. Tous les Français connaissent l’amour et la complicité qui le lièrent à Yves Saint-Laurent, dont il fut le compagnon, le frère, le pygmalion et le protecteur. Jamais sans lui le génie de Saint-Laurent n’aurait éclos de manière aussi étincelante.

Tant d’artistes aujourd’hui se souviennent de celui qui leur proposa des projets dont ils n’eussent pas osé rêvé. Qui fit pour eux des salles de théâtre, des festivals, des musées. Qui entretint à grand frais des maisons d’écrivains, comme celle de Cocteau. Ou simplement qui leur disait de sa voix ferme et de ce ton définitif qu’on lui connaissait qu’ils avaient du talent et qu’il les aimait. Mais il ne lui suffisait pas d’aimer et aider. Il lui fallait aussi partager. C’est ce qu’il fit jusqu’à son dernier souffle avec la Fondation Saint-Laurent, comme il l’avait fait toute sa vie en faisant venir dans son théâtre de l’Athénée à Paris les plus grandes voix lyriques, les plus grands comédiens et metteurs en scène, ou en organisant et soutenant des expositions mémorables, des spectacles marquants.

Cette insatiable curiosité ne s’enferma pas dans une chapelle. De quelque époque et de quelque continent qu’elle fût, la beauté n’échappa jamais à la vigilance de son goût. Son génie fut de savoir composer ensemble les époques, les formes, les caractères, les talents pour construire autour de lui un monde qui lui ressemble et où il nous invitait avec une totale générosité. Il fut pour nombre d’entre nous un passeur sans égal.

Un homme d’action si soucieux du monde, si ardent à le comprendre et à le rendre plus beau, ne pouvait être qu’un militant. Il le fut en particulier pour la cause homosexuelle, dont il soutint inlassablement le progrès des droits, notamment lors du vote du mariage pour tous. Il mobilisa également toute son énergie dans la lutte contre le SIDA, à la fois pour sensibiliser l’opinion publique et financer la recherche – il fut à l’origine du SIDACTION et le soutien constant d’Act Up. Il se fit aussi homme de presse, avec l’aventure Globe, le lancement de Têtu et récemment la reprise du Monde.

Ce passionné de la cause publique gagna l’estime et l’affection de François Mitterrand puis apporta son aide à plusieurs dirigeants du Parti socialiste Dans aucun de ses combats il n’épargnait ses adversaires. Son verbe tranchant, qui lui fut parfois reproché, était l’avers d’un engagement profond et total.

C’est toute une partie de notre mémoire littéraire et artistique qui disparaît avec Pierre Bergé. Il appartiendra à ses amis et à ceux qui furent guidés par lui de faire vivre cette mémoire, de faire comprendre aux Français l’importance de ce qu’il fit pour la culture française et de faire vivre son œuvre.

Le Président de la République et son épouse adressent au mari de Pierre Bergé, à ses amis, à sa famille leurs sincères condoléances."

EMMANUEL MACRON REÇOIT LE SOUTIEN PERSONNEL DE PIERRE BERGÉ



Pierre Bergé a décidé de soutenir Emmanuel Macron pour la présidentielle. © AFP

Je sauvegarde sur mon blog cet article du journal LE POINT afin de prouver que Pierre Bergé était un ami personnel d'Emmanuel Macron et un de ses fervents partisans lors de la présidentielle. Je copie/colle l'article sans commentaires. Je m'en servirai pour mon étude sur la PMA pour lesbiennes.



"J'assiste avec tristesse à la décrépitude du PS, à la fin du PS", a également indiqué le mécène et patron de presse, qui prédit une "scission". Source AFP
Modifié le 31/01/2017 à 11:02 - Publié le 31/01/2017 à 10:49 | Le Point.fr





Après Bernard Kouchner et Alain Minc, Emmanuel Macron obtient un nouveau soutien. Le mécène Pierre Bergé, copropriétaire du Monde, a indiqué lundi sur Twitter qu'il « apporte (son) soutien sans la moindre restriction à Emmanuel Macron pour être le président qui nous conduira vers une sociale-démocratie ».

« Il n'y a pas d'autre choix aujourd'hui », a-t-il précisé au lendemain de la victoire de Benoît Hamon à la primaire du PS. « Si Valls avait gagné, par amitié pour Valls j'aurais voté pour lui. Mais j'assiste avec tristesse à la décrépitude du PS, à la fin du PS. » « Ils vont être obligés d'arriver à une espèce de congrès de Tours » (celui de la scission des socialistes en 1920, NDLR) « avec la ligne communiste remplacée aujourd'hui par Benoît Hamon ». « Il y aura une scission d'où j'espère sortira d'un côté un parti social-démocrate, à l'américaine » et de l'autre « Hamon et l'extrême gauche », a-t-il estimé. « Mon soutien est évidemment logique, naturel. Il y a longtemps que je soutiens Emmanuel Macron, c'est un ami personnel, lui et sa femme », a-t-il dit. « Il y a très longtemps que je fais confiance à la jeunesse, qui n'est pas un handicap, mais un avantage. »



Pierre Bergé prêt à lui trouver des financements

Pour lui, « c'est aussi un gros avantage que Macron n'ait jamais été élu, tripatouillé dans des affaires politiciennes ». « Ceux qui disent qu'il n'a pas de programme sont des imbéciles. Le programme est clair et évident », a-t-il ajouté. « Il aura la stature d'un président de la République et nous emmènera vers une social-démocratie. » En ce qui concerne un soutien financier à la campagne d'En marche !, Pierre Bergé a rappelé qu'il n'avait, dans le cadre de la loi, « pas le droit de donner plus que 7 500 euros ». « Mais je suis prêt à (lui) trouver des concours financiers, si je les trouve, et à l'aider par n'importe quel moyen », a-t-il affirmé.


Interrogé sur le positionnement d'Emmanuel Macron, Pierre Bergé a estimé qu"il penche à gauche, évidemment, mais il ne veut pas être pris pour un socialiste ». « Il a eu bien raison de quitter ce gouvernement où on n'a pas voulu appliquer les réformes qu'il voulait faire », a-t-il fait valoir.

Pierre Bergé, 86 ans, proche du président François Mitterrand en 1981 puis soutien financier et médiatique du PS, avait ensuite soutenu Jacques Chirac en 1995, puis Ségolène Royal en 2007 et François Hollande en 2012."

PÉDOPHILIE AU MAROC : LES RÉVÉLATIONS CHOC D'UN EX-AMANT DE BERGÉ ET SAINT-LAURENT


Pierre Bergé, en 2015. Photo © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Je sauvegarde sur mon blog un article de Valeurs actuelles pour étayer mes accusations à l'égard de Pierre Bergé, qui m'intéresse en tant qu'ami personnel d'Emmanuel Macron et fervent soutien du Président lors de son élection à la présidentielle, en tant que soutien d'Yves Saint Laurent et de son livre sadique et pédosexuel, La vilaine Lulu, et en tant que fondateur du magazine homosexuel Têtu. Cet article servira dans le cadre de mon étude contre la PMA pour lesbiennes. Je copie/colle l'article tel quel sans commentaires.

Scandale. Fabrice Thomas affirme, dans un livre nauséeux, avoir été témoin d’un acte illégal dans la villa du couple, à Marrakech. Une scène qui n’avait pas choqué le couturier à l’époque.


Dans son livre « Saint Laurent et moi : une histoire intime » (Hugo Document), paru le 12 octobre, Fabrice Thomas, qui fut l’amant du célèbre couturier Yves Saint-Laurent et de son pygmalion Pierre Bergé, révèle la face sombre du couple infernal, “deux icônes, deux hommes d’exception, mais deux hommes malades sexuellement”, comme il les qualifie dans une interview à la chaîne canadienne TVA Nouvelles, diffusée le 27 octobre.

“Huit ans durant, de 1984 à 1992, ma vie auprès d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé a ressemblé à un tourbillon”, écrit Fabrice Thomas, qui fut le chauffeur du patron de la maison de couture, puis du designer, avec qui il a entretenu une liaison de trois ans. Une descente aux enfers surtout, jalonnée de pratiques sexuelles violentes et extrêmes. “J’avais été l’objet sexuel de Pierre et j’étais devenu l’amant dominateur d’Yves. J’étais passé de l’un à l’autre, d’un côté puis de l’autre du fouet, mais je me trouvais encore entre les deux”, résume-t-il.

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« Sa puissance libidinale était impressionnante »

“Pierre, (…), grâce à la libre-pensée de ses parents anarchistes, instruits et insoumis, avait toujours vécu son homosexualité comme une forme de sexualité parmi d’autres, sans culpabilité ni entrave”, explique l’auteur, engagé par le groupe de mode après être passé dans sa chambre du Plaza Athénée. Mais progressivement, sa « passion sadique » prend le dessus.

“Sa puissance libidinale était impressionnante. J’en ai bien connu, pour ma part, la face destructrice. Elle a profondément atteint Yves”, souligne Fabrice Thomas. “À partir de là, j’ai rejoint sa cohorte d’amants soumis à des séances de dressage qui sont ensuite devenues la norme entre nous, jusqu’en 1989 où j’y ai mis fin.” L’auteur, en laisse et à quatre pattes, raconte ainsi une scène, où Bergé, dit « Monsieur », l’a giflé, fouetté au sang et fixé des pinces à molettes à ses tétons, avant de lui uriner dessus, en l’injuriant, en le droguant au « poppers » et en regardant des films pornos, avec son assistant.

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Quand il ne conduit pas le fondateur de la maison YSL, le jour, Fabrice Thomas escorte le couturier drogué dans ses folles équipées, la nuit. “Yves était une proie sexuelle. C’est ce qu’il aimait à être, ses préférences sexuelles le portant à une soumission immodérée”, raconte-t-il. “Il opérait de la même manière avec Pierre du temps de leur vie commune. Il s’esquivait par la fenêtre de sa chambre pour aller s’encanailler sur les quais et dans les parcs où il ‘recousait des boutons’ à quelques Marocains ou Algériens qui ne demandaient pas mieux que de recevoir quelques francs pour ce service pour lequel ils auraient eux-mêmes payé.”

Les « jeunes hommes » du Jardin Majorelle

Fabrice Thomas accompagne également Saint-Laurent dans sa villa de Marrakech, au Maroc, où lui et Bergé ont acheté le Jardin Majorelle, en 1985. Y défileront Andy Warhol, les Rolling Stones et Catherine Deneuve. La villa Oasis est « une villégiature sexuelle, une de plus, pour lui et pour Pierre Bergé »,écrit-il. À propos du tourisme sexuel, en vogue à l’époque chez de nombreux artistes, l’auteur précise qu’“Yves et Pierre n’étaient pas des touristes, ils avaient développé des relations suivies, voire amicales, avec certains de leurs jeunes amants.”

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Une scène, décrite dans le livre, relate même un acte de pédophilie. Yves Saint-Laurent a pris l’habitude d’accueillir de « jeunes hommes » qui se présentent à la porte du jardin. “La bambouseraie, c’est les Tuileries de Marrakech”, plaisante-t-il. Un lieu de rencontre gay. “J’y vis passer des hommes, des étrangers et des locaux, de tous âges. Jusqu’au jour où je vis l’impensable”, relate Fabrice Thomas, saisi par la colère et la rage. “L’intendant agenouillé devant un adolescent prépubère debout devant lui, nu comme un ver. Tenant ses fesses à pleines paumes, il suçait avidement l’enfant qui se laissait faire en regardant en l’air, tenant à la main un billet.”

“C’est toléré, ce genre de choses ?”, demande-t-il le soir même au couturier. “Oh… Dans la palmeraie, il se passe bien plus de choses encore. Les autorités préfèrent faire comme si elles ne savaient pas. Et pourtant, tout le monde sait, évidemment.” Effaré, Fabrice Thomas insiste : “Mais là, ça se passe chez toi ! C’est un de tes employés qui fait ça avec un gamin…” Réponse de Saint-Laurent : « Pas chez moi, non. Le Jardin Majorelle est public. » Dans son livre Lettres à Yves (Gallimard), Pierre Bergé se souvenait aussi : “Comme ils étaient gentils et beaux, ces garçons marocains ! Ils jouaient tous au football, avaient le corps musclé. On avait avec eux des rapports qui ne sentaient ni l’argent ni la vulgarité.”
Pierre Bergé : « Je ne suis pas pédophile »

Jusqu’à ce jour, aucun témoin n’avait pu confirmer la rumeur. En mai 2011, Luc Ferry avait accusé sans le nommer un ex-ministre français de s’être livré à la pédophilie au Maroc. Deux ans plus tard, un rapport d’enquête, révélé par VSD en mars, évoquait un prêtre français ayant séjourné au Maroc, qui faisait état de cas de « prostitution de mineurs à la villa Majorelle ». L’ecclésiastique précisait au magazine : « Dans la médina, des parents de jeunes victimes se sont confiés à moi. »

À l’époque, Bergé avait nié catégoriquement : “Je ne suis pas pédophile. Je n’ai jamais organisé de partouzes dans ma maison de Marrakech. Maintenant prouvez le contraire au lieu de dire n’importe quoi.” L’affaire a été depuis classée sans suite. Bergé et Saint-Laurent n’ont jamais été poursuivis. En novembre 2016, l’homme d’affaires et compagnon d’Yves Saint Laurent décédé en 2008, ajoutait dans l’émission « Stupéfiant ! », diffusée sur France 2 : « Les mœurs étaient plus libres qu’aujourd’hui, spécialement au Maroc. A l’époque, la sexualité était plus débridée, on n’y faisait moins attention. »

Une tentative d’assassinat

Dans son livre, Fabrice Thomas fait d’autres confidences à propos de Saint-Laurent. “Je me souvins qu’il m’avait raconté, bizarrement assez content de lui, qu’il avait tenté d’assassiner Pierre Bergé avec un bronze de dix kilos”, affirme-t-il. Il remarque aussi que la « mascotte de ladite gauche caviar » devenue président du Sidaction, « ne se protégeait pas du tout » comme Saint-Laurent. Aujourd’hui, Fabrice Thomas est marié et vit au Québec. Pierre Bergé, est lui décédé le 8 septembre dernier, à l’âge de 86 ans. L’ancien actionnaire du Monde et parrain de la gauche, qui avait apporté son soutien au candidat Emmanuel Macron à la présidentielle, repose désormais dans le Jardin Majorelle, au côté de son compagnon Yves Saint-Laurent."

"LA MAUVAISE VIE" DE FRÉDÉRIC MITTERRAND - LES PASSAGES QUI DÉRANGENT




Voici un article du journal Le Monde que je sauvegarde sur mon blog, afin d'étayer mes accusations de pédérastie contre Frédéric Mitterrand. Je copie/colle l'article sans commentaire. Cet article servira dans le cadre de mon étude contre la PMA pour lesbiennes. 

"Dans son roman autobiographique, publié en 2005, Frédéric Mitterrand raconte ses aventures à Patpong, le quartier chaud de Bangkok. Le Monde.fr en publie des extraits.

Publié le 08 octobre 2009 à 14h40 par LE MONDE 


Extrait du livre La Mauvaise Vie, de Frédéric Mitterrand (Edition Robert Laffont, 360 p., 2005), pages 293 à 307.

"Le garçon marche dans la nuit à quelques pas devant moi. Pantalon de teinte sombre ajusté sur les hanches, étroit le long des jambes ; tee-shirt blanc qui colle au contour des épaules et à la ligne du dos ; bras nus, une Swatch au poignet, cheveux noirs avec des reflets brillants, dégagés sur la nuque. Démarche souple, allure tranquille, tout est beau, net, irréprochable. Il ne se retourne pas, il sait que je le suis et il devine sans doute que cet instant où je le regarde en profil perdu, de près et sans le toucher, me procure un plaisir violent. Il a l'habitude. C'est le quatrième depuis hier soir, j'ai voulu passer par un club que je ne connaissais pas encore avant de rentrer à l'hôtel et je l'ai aussitôt remarqué. Il n'y a que pour ceux qui ne les désirent pas qu'ils se ressemblent tous. Il se tenait comme les autres sur la petite scène, les mains croisées en arrière pour bien marquer le corps dans la lumière, en boxer short immaculé, le côté saint Jean-Baptiste qu'ils retrouvent instinctivement et que les pédés adorent, mais le visage fermement dessiné, l'expression avec du caractère, regard sans mièvrerie et sourire sans retape, un charme immédiat qui le détachait du groupe des enjôleurs professionnels. J'imaginais Tony Leung à vingt ans. Il a ri comme s'il avait gagné à la loterie quand j'ai fait appeler son numéro et lorsqu'il est venu près de moi, j'ai deviné brièvement l'odeur de sa peau, eau de Cologne légère et savon bon marché ; pas de ces parfums de duty free dont ils raffolent en général. Il avait l'air vraiment content d'aller avec moi ; j'ai senti qu'il serait vif et fraternel. Les rats qui grouillent dans la ruelle détalent à notre passage, les néons disparaissent derrière nous dans la pénombre, les remugles des poubelles s'estompent dans la chaleur poisseuse, et le vacarme assourdissant de la techno qui dégorge par les portes ouvertes de tous les autres clubs accentue cette impression de privation sensorielle où je concentre toute mon attention uniquement sur lui et sur ce que j'en attends. Mauvaise musique grossièrement frelatée au synthé sur des standards que l'on ne reconnaît plus mais dont le rythme infernal bombarde tout le quartier, fait chanceler entre excitation et hébétude et saoule le désir qui tambourine contre les tempes. Ça baisse un peu dans le souterrain qui mène au parking de l'hôtel. Il élève ses quinze étages de médiocre confort international au-dessus du flot populeux et du magma des boîtes et des gargotes, abritant une clientèle pas trop friquée de tour operators qui sort le jour en groupes serrés et tâte furtivement du grand frisson et de la rigolade à souvenirs avant de se coucher tôt derrière les doubles vitrages climatisés. Mais il plonge ses racines dans un sol autrement plus fertile : la sorte de grotte où le gang des chauffeurs de taxi se livre à des parties de cartes vociférantes dans une atmosphère de tripot pour films de kung-fu commande l'accès à une série de chambres sans fenêtre qui se louent ordinairement à l'heure, et pour longtemps, voire à perpétuité si on veut en finir et y mettre le prix. Ce n'est certainement pas le pire endroit pour mourir, anonymat et discrétion assurés. De vilains jeunes gens qui n'auraient eu aucune chance sur la rampe à numéros prennent leur revanche en s'affairant devant les caves à plaisir : ils détiennent les clefs, assurent la circulation qui peut être dense, relèvent les compteurs, font le ménage entre les passes. Plutôt sympatiques au demeurant : ils prétendent connaître tous les garçons par leurs noms et traitent les habitués à pourboires en jouant la comédie d'un service de palace. Le réduit et la salle de bains sont très propres : serviettes sous cellophane, housse en papier sur le lit sans drap, moquette neuve, ventilateur chromé, des miroirs un peu partout et même au plafond pour qui ça intéresse. Le room valet, comme il se désigne élégamment lui-même, fait une tentative pour me montrer comment marche la télévision et, jaugeant mon air apparemment défait, me propose à tout hasard des cassettes sans doute destinées à me ranimer. On rit un peu sans bien se comprendre, je lui refile les billets pour deux heures avec de quoi s'offrir une autre dent en or et il sort en chantonnant. Nous sommes seuls. Mon garçon n'a pas dit un mot, il se tient devant moi, immobile, le regard toujours aussi droit et son demi-sourire aux lèvres. J'ai tellement envie de lui que j'en tremble.

Ce n'est pas seulement lui qui explique la force de mon attirance, c'est aussi la mise en scène si bien réglée qui m'a fait découvrir sa présence. Dans chaque club, les garçons se tiennent sur la scène très éclairée par petits groupes de quatre ou six ; ils portent la tenue distincte de l'établissement et de sa spécialité, minimale et sexy : maillot 1900 à bretelles ou cycliste pour les athlètes, boxers shorts, strings pour les minets ou pseudo-voyous, les follassons ont droit à des mini-jupes. Ils demeurent immobiles, silencieux, corps bien droit et jambes légèrement écartées, l'air absent ou souriant selon la classe du club où la catégorie supérieure demanderait plutôt qu'ils se montrent impassibles, au moins en début de soirée, et tous le regard perdu vers la semi-obscurité de la salle en contrebas, la pénombre d'où la clientèle les observe en se faisant servir des verres. Le numéro est accroché à l'aine, en évidence. La plupart d'entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu'on pourrait attendre de leur activité. J'apprendrai plus tard qu'ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille, qui prétend ignorer l'origine de leur gagne-pain. En revanche, ils ont tous un portable, un e-mail pour retrouver ailleurs et à tout moment leurs customers les plus accrochés, ce qui laisse supposer que les clubs prélèvent un pourcentage trop important et qu'ils n'ont de cesse de pouvoir se débrouiller seuls. Quelques-uns sont plus âgés et il y a aussi un petit contingent de malabars mal dégrossis qui a manifestement son public. C'est le côté menines de l'exposition : leur présence fait ressortir la séduction juvénile de tous les autres. Au rythme de la sempiternelle techno, après trois minutes, deux cèdent leur tour et retournent en coulisses, une autre paire les remplace et ainsi de suite. Quand toute la troupe est passée sous les feux de la rampe, une manière de finale rameute l'ensemble sur un air plus triomphal façon Gloria Gaynor, les garçons abandonnent leur maintien hiératique, se parlent à voix basse en évaluant la clientèle avec des facéties obscènes et racolent plus ouvertement puis le petit manège reprend, un peu moins rigide et discipliné au fur et à mesure que l'on avance dans la nuit. A l'heure la plus chaude, quand la salle est pleine à craquer, les clubs les plus réputés présentent ce qu'on appelle le sexy-show, vague pantalonnade pornographique à base de lasers et de strip-tease qui s'achève immanquablement par l'enculage d'un travesti dans une ambiance de rigolade généralisée un peu trop outrée pour être tout à fait franche. Les artistes qui pratiquent ce numéro particulier travaillent comme les danseuses nues de Pigalle ; on les croise dans la rue, drag-queens en tchador transparent, se hâtant d'un club à l'autre pour ne pas rater le show. Pour leur part, les garçons sont attachés à leur club et n'en changent pas. On imagine les tractations, les magouilles, le danger à ne pas respecter les règles et ce qu'il doit en coûter pour racheter un petit béguin afin de le sortir du circuit. L'expédient des portables et des e-mails, préalable à ce genre de transactions, n'est que provisoire ; on ne se perd jamais dans cette ville tentaculaire et il ne faut pas chercher à obtenir un visa pour une destination lointaine sans laisser ses affaires en ordre.


Les coulisses font partie du spectacle. En arrière de la scène ou sur le côté, elles se livrent facilement aux regards des spectateurs intéressés ; ces établissements ne sont pas si grands et un marketing efficace veille aux mûres réflexions et aux repentirs du public. En attendant de remonter sur scène, les garçons gardent d'ailleurs un œil sur la salle en affectant de s'adonner à des activités très absorbantes ; ils suivent un programme de variétés ou de sport à la télévision, font des mouvements de gymnastique avec des appareils compliqués, lisent les journaux ou devisent tranquillement une serviette de boxeur autour du cou. Quand l'un des serveurs vient leur glisser à l'oreille qu'ils ont été choisis, ils cochent une petite case sur un tableau avant de se diriger vers le bar d'un air parfaitement dégagé et les autres garçons se gardent poliment de commenter la transaction qui s'ébauche. La direction relève sans doute le carnet de notes mural avant la fermeture. Une fois que la réservation a été confirmée, après une présentation qui s'éternise rarement, le garçon se rhabille prestement en coulisses, et revient ; il n'y a plus qu'à régler les consommations, la commission au club due par le client et à sortir au milieu des courbettes, des marionnettes grimaçantes qui font office de loufiats et lancent d'une voix suraiguë : Good night sire, see you again. On peut prendre deux garçons, ou même plusieurs, aucune objection puisque la réponse est toujours : I want you happy. Contrairement à une assertion généralement colportée il y a peu de ruines sexuelles occidentales parmi le public, la clientèle est en majorité locale, d'âge moyen, bien convenable et sort en bande légèrement arrosée au whisky-Coca. Les quelques naufragés à peau blanche du Spartacus font plutôt tache dans l'ensemble mais il est vrai aussi qu'on leur propose les meilleures tables.

Evidemment, j'ai lu ce qu'on a pu écrire sur le commerce des garçons d'ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l'égard de la duplicité des médias je sais ce qu'il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l'inconscience ou l'âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé où crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n'en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Je m'arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout ; je n'arrête pas d'y penser mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu'un tel spectacle, abominable d'un point de vue moral, est aussi d'une vulgarité repoussante. Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de refréner ou d'occulter. L'argent et le sexe, je suis au cœur de mon système ; celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfin choisir. J'ai ce que je n'ai jamais eu, j'ai le choix ; la seule chose que l'on attend de moi, sans me brusquer, sans m'imposer quoi que ce soit, c'est de choisir. Je n'ai pas d'autre compte à régler que d'aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l'autre.

Il existe certainement des établissements de ce genre ailleurs qu'en Thaïlande ; Amsterdam ou Hambourg ; mais j'ai mis trop longtemps, je viens de trop loin, je dois absolument continuer, pousser bien plus en avant pour parvenir à mes fins ; je ne veux pas courir le risque de rencontrer des garçons qui m'en rappelleraient d'autres, d'être confronté à des situations qui resteraient familières, d'entendre des paroles que je pourrais comprendre. Il me faut l'inconnu, la terre étrangère, le pays sans repère. Là où l'on ne saura jamais rien de moi, il existe une chance, si ténue soit-elle, que j'obtienne l'abandon et l'oubli, la rupture des liens et la fin du passé. Le choix.

Comme on le dit pour les drogues dures, je n'ai jamais tout à fait retrouvé le choc ineffable de la première fois, mais c'est sans importance car la vague qui me porte est bien plus puissante que la relative diminution d'intensité qu'entraîne l'accoutumance. Je me traite à l'alcool, une légère brume entretient la compulsion et il y a toujours un garçon que je n'avais pas encore remarqué. Je n'éprouve jamais de vraie déception. On ferme à deux heures et ça recommence demain. Je sais aussi très bien que tout cela n'est qu'une sinistre farce que je me raconte à moi-même. J'ai beau résister, le mensonge se délite quand je prends l'avion du retour, le réel me remet le nez dans ma merde dès que j'arrive à Paris, le remords m'attrape et ne me lâche plus d'une semelle, rendu furieux par la peur d'avoir failli perdre ma trace.

Mon garçon enlève brusquement son tee-shirt comme il doit le faire au sport sans même se rendre compte de la grâce virile de son mouvement et il secoue la tête pour remettre en place ses cheveux ébouriffés par l'encolure. Cette vision me tétanise un peu plus tandis que je l'observe depuis la porte ; je suis incapable de m'approcher de lui, de desserrer l'étau qui m'écrase la nuque et de maîtriser les frissons qui me prennent. J'avais oublié depuis longtemps des sensations si violentes. Bizarrement, il a plus de mal à retirer son pantalon et son caleçon américain, il évite mon regard, un fond de pudeur, une ombre d'inquiétude peut-être devant mon comportement qui doit lui paraître exagéré, insolite. Ces gosses ont largement l'habitude des hommes bien qu'ils ne les aiment pas vraiment, ils considèrent leur désir avec satisfaction mais avec une sorte de persistance dans l'étonnement candide ; il leur arrive aussi de ramasser des dingues et un Occidental de passage qui paraît encore relativement jeune, ça ne cadre pas avec la clientèle ordinaire ; à mon âge, dans cette ville, on se trouve un darling gratuit quand on bénéficie du prestige et des privilèges de l'étranger, quitte à lui payer un walkman avant de repartir. Un détritus de vieille folle peinturlurée lui paraîtrait moins menaçant et ferait mieux l'affaire. Pourtant, son hésitation est brève, il ne veut certainement pas se mettre en tort, il plie soigneusement ses effets qu'il pose sur la console de la télévision et me fixe enfin en recommençant à sourire. Tout est impeccable, aussi bien dessiné que le reste. D'où vient cette légende qui voudrait que leur sexe soit d'une taille ridicule ? Je peux attester du contraire même si je ne suis pas un fanatique des comparaisons superlatives qui occupent tant les conversations de certains pédés.

Je sors de ma stupeur, je pose sur ses habits quelques billets défroissés, nettement plus que la juste somme indiquée par le manager du club, mais il semble ne pas y prêter attention. Aussi étrange que cela puisse paraître, la prostitution est un tabou dans ce pays, à tel point que le mot qui pourrait la désigner n'existe même pas. La petite liasse n'a aucune valeur à cet instant, elle le gêne et ne l'intéressera qu'après, non comme le paiement d'une transaction, ni comme la rétribution d'un service précis, mais plutôt à la manière d'une récompense amicale détachée de toute notion d'obligation réciproque. De ma part, ce serait une faute de goût, presque une insulte que d'insister pour qu'il les prenne. Les billets disparaîtront ensuite, sans que je m'en rende compte, comme par enchantement. Mais si j'ai presque honte d'avoir commis un manquement à cette politesse que je connais mal, je constate que c'est encore la vieille peur d'une négociation difficile au dernier moment, voire d'être repoussé en touchant au but qui aura été la plus forte. J'ai toujours payé tout de suite pour prendre l'avantage et sidérer l'adversaire ; la corruption est un sport d'aveugle, on allonge l'argent à tâtons tant ce qu'on cherche à atteindre est incertain. En l'occurrence, c'est un impair et heureusement le garçon ne m'en tient pas rigueur ; il suit en toute innocence sa propre règle qui est de me faire plaisir car il n'en connaît pas d'autre. Avec un petit signe de la main, il m'indique la salle de bains, passe devant moi sans me toucher, déchire d'un coup de dents l'étui de cellophane qui emballe les serviettes et le gant de toilette et commence à se doucher en m'invitant de la tête à le suivre. Et si je faisais partie de ceux qui refusent de se laver ? Pour ces garçons qui sont à juste titre des maniaques de la propreté, se dérober aux ablutions c'est un autre signal d'alerte, même s'il est là encore trop tard pour reculer et malséant de laisser deviner sa répugnance. Je me déshabille et le rejoins sous la douche, au cas où il me poserait encore des questions sur l'effet qu'il me fait, elles n'ont plus de raisons d'être et il me savonne gaiement, cette fois bien rassuré. Tout se passe normalement. En France, avec la plupart des gigolos, c'est toute une histoire pour arriver à les faire bander mais on n'est décidément pas en France et nous continuons avec le gant, le savon, le pommeau de douche à nous explorer et à nous mesurer l'un à l'autre en riant doucement. Il est presque aussi grand que moi et certainement plus solide, bâti comme les champions de kick-boxing qui vous allongent en un éclair. Mais je n'ai rien à craindre de lui, c'est un jeu délicieux auquel je m'abandonne en fermant les yeux, plein de joie et de confiance. Je ne sais plus qui protège l'autre.

Nous nous essuyons avec mille précautions ; il suffirait d'un rien pour que mon corps me trahisse et que j'en aie fini. D'un seul coup. Je ne sais pas s'il pense comme moi que ce serait trop bête mais il admet tout à fait que je prenne mon temps et il me laisse l'initiative. Je n'ose pas encore l'embrasser, mais je le caresse, je le touche et il en fait autant. Nous regagnons la chambre ; ils ont décidément tout prévu, un rhéostat permet de tamiser les lumières. Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j'avais bien tort d'hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu'avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool. Sa peau est d'une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l'effleure et quand je le serre et j'ai l'impression qu'il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l'intensité de ce que je ressens et je jurerais qu'il en est de même pour lui. Ce qui ne m'empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu'il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j'éprouve. Je ne sais d'où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d'œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C'est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie plutôt comme s'il s'étonnait le premier de ce qu'il est en train de faire. Il y a des choses que je n'assume plus depuis une mauvaise expérience avec un Marocain, il y a trente ans dans un sauna. C'était un ouvrier immigré, assez beau gosse, qui ne pensait qu'à son plaisir et se vengeait de tout le reste, en bon macho, la lutte des classes au bout du zob enfoncé jusqu'à la garde dans le cul des jeunes bourgeois. Il m'avait blessé, infecté d'une maladie, souffrance tenace et secrète dont j'ai mis des mois à me guérir. Je n'ai plus recommencé. Mais là, c'est différent, je n'ai même pas mal, je le laisse m'emmener où il veut, pourvu que ce soit avec lui ; il est devenu mon homme. Je m'aperçois au-dessus, par bribes, comme les stars américaines dans les films d'autrefois quand elles se donnent, amoureuses et maternelles, un air de mélancolie lointaine dans l'expression. Joan Crawford à Patpong. C'est bien ce qui s'appelle de l'égarement car au fait pour Joan Crawford, la maternité n'était pas vraiment son fort, même si elle a brièvement épousé ce pédé de Cary Grant. Il faut toujours que je me trompe en pensant à autre chose. Mon garçon, lui n'est pas à Hollywood, il est là où sont les garçons quand le désir s'en va et qu'ils se retrouvent seuls ; je sens la chamade en son cœur contre le mien, mais il détourne la tête et roule sur le côté. Joan Crawford a tout le loisir de se voir au plafond et de se dire qu'il faudrait encore baisser la lumière. Je retrouve cette angoisse qui m'est habituelle de le voir se relever subitement et partir ; c'est pour cela que je viens généralement le premier, pour ne pas affronter leur lassitude ; parfois c'en est assez pour moi et on en reste là, et parfois j'ai envie de continuer et eux aussi ; dans ce cas, il y a encore un peu de marge. Mon garçon est prêt à tout pour tenir son contrat ; le I want you happy qui ne connaît pas d'exception. Il est revenu contre moi, la mine un peu voilée comme s'il était désolé d'être parti trop vite et regrettait son absence ; on recommence mais autrement, maintenant c'est moi qui décide et tout le plaisir est pour moi. Je n'ai jamais connu une telle sensation de plénitude et de puissance. Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue. Le miroir de côté me renvoie notre image, moi comme un fou et lui comme un mort, et cette image me foudroie. Je suis pris d'un sentiment immense de compassion et de tendresse à son égard, à le voir si docile et démuni, alors qu'il m'avait paru le plus libre et le plus fort de tous, le jeune roi des clubs couché avec un autre salaud de menteur étranger en attendant que ça se passe ; ma honte comme un chagrin d'enfance glisse sur son silence et son corps nu, enveloppe ses pauvres vêtements si bien pliés sur la télévision et ne trouve pas les mots qu'il ne comprendrait pas d'ailleurs ; mon désir s'évanouit à la vitesse du sky-train qui le ramènera tout à l'heure vers sa banlieue pourrie, une poignée de bahts dans la poche à dépenser aussitôt en babioles inutiles. Dehors, j'entends les chauffeurs de taxi et les loufiats qui s'invectivent dans un bruit de crécelle ; je sens l'odeur d'essence et d'huile du parking qui dégorge du ventilateur. Il n'y a plus un soupçon de joie ni d'émotion dans cette chambre ripolinée de fausse clinique. Trente ans de mauvaise baise pour en arriver là. Je me retire gentiment, allons ce n'était qu'un jeu, rien de grave, nous n'aurons jamais de chance ; il s'essuie les yeux, les rouvre, se remet à sourire tandis que je me tourne de côté et plonge à toute allure, inerte, comme une pierre dans le miroir. A-t-il deviné que je l'ai vraiment aimé le temps d'un éclair et que j'ai eu tant pitié de lui, de moi, de toute cette histoire qu'il ne m'était pas possible de continuer et de le laisser comme ça dans un tel abandon. Pourtant, je le sens encore contre moi, il tapote de ses doigts le long de mon dos et gazouille des bouts de paroles en français qui ressemblent de moins en moins à celles de tout à l'heure. Il n'a sans doute rien senti, j'ai dû me raconter encore un de mes romans, nous voilà seulement revenus chacun dans notre monde.

Après on s'est endormis. Tout de même, il avait dû se passer quelque chose pour qu'on se sente tellement épuisés. Quand on s'est quittés, les boîtes avaient fermé et les marchands pour touristes faisaient un vacarme infernal en rangeant leur camelote dans les containers en fer. J'ai voulu avoir son e-mail mais il ne connaissait que ses lettres en thaï ; j'ai compris qu'il me suffirait d'écrire au club en indiquant son numéro, j'avais du mal à imaginer qu'un quelconque courrier pût parvenir à une adresse aussi aléatoire ; il m'a aussi redit qu'il s'appelait Bird mais je ne l'avais pas oublié ; c'est joli comme nom, Bird, même si cela ne veut sans doute pas dire oiseau dans leur langue. D'autres s'appellent Tom ou Brad, cela vient des films et quand on creuse un peu on trouve le vrai nom thaï qui lui ressemble ; il n'y a pas beaucoup de choix, ils s'appellent souvent pareil, c'est aussi pour cela qu'ils insistent sur le numéro. En partant, il s'est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m'a montré du doigt la petite rue du club, j'ai senti qu'il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l'avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j'espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l'affreuse chambre fermée comme un bunker et j'ai l'impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong."

Avec l'autorisation des Editions Robert Laffont."